Des expulsions par dizaines de milliers

En 2016, l’Etat français a expulsé de force 17 000 migrant.e.s en métropole et plus de 22 500 à Mayotte. A quoi s’ajoutent 23 900 refoulements le long de la frontière italienne rien que pour le premier semestre de la même année.

Violations des droits de l’homme

Ces expulsions sont violentes et dégradantes. Les migrants sont souvent bâillonnés, menottés et se voient administrer de force des médicaments.

Ces mesures d’expulsion sont par ailleurs caractérisées par des violations massives des droits et conventions internationales par les préfectures qui les mettent en œuvre. 70 % des personnes afghanes visées en 2016, par exemple, ont été libérées par des juges qui ont considéré comme illégale la décision d’un placement en rétention, la mesure d’éloignement ou la procédure judiciaire. Ce qui n’a pas empêché l’expulsion de milliers d’autres.

Dans la vallée de la Roya (Alpes Maritimes) quadrillée par 400 policiers, les migrant.e.s sont obligés de se cacher et de prendre des risques, parfois mortels (18 décès y sont officiellement recensés depuis l’été 2016).

L’Europe et la France collaborent avec des régimes dictatoriaux

Pour refouler toujours plus de migrants, l’Union européenne a, depuis 2004, consacré la plupart de ses fonds jusque-là dévolus au « développement » pour ouvrir des camps de rétention en Mauritanie, au Maroc, en Algérie, en Libye… Des d’accords ont été passés avec la Turquie, l’Afghanistan, le Tchad, le Soudan pour mieux retenir, de force, les populations qui cherchent à les fuir.

La France est particulièrement motrice dans la signature de tels accords, notamment avec les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale dont de nombreux régimes autoritaires.

Ce qui va s’aggraver avec le nouveau projet de loi anti-migrants

Le gouvernement annonce vouloir expulser beaucoup plus. Début septembre, Emmanuel Macron a nommé un ambassadeur chargé de convaincre les États de délivrer plus facilement les laisser-passer pour permettre les retours vers le pays d’origine.

Le gouvernement annonce la révision de la procédure Dublin, qui permettait jusqu’alors le renvoi des migrant.e.s arrêtées vers le premier pays européen de transit, et permettra désormais de les renvoyer vers des pays jugés « sûrs » en dehors de l’Europe, par lesquels ils ont transité, et ce avant même que leur demande d’asile n’ait été étudiée en Europe.

Le gouvernement prévoit aussi de multiplier les « centres de transit » pour faciliter le « tri » des personnes selon leur situation, et, si l’État français estime que leur pays d’origine (comme par exemple l’Afghanistan ou le Soudan) est suffisamment « sûr », les y expulser.