Combien sont-ils ?

En juin dernier, on estime qu’il y avait 25 000 mineurs isolés étrangers en France (chiffres 2017 de France terre d’asile). Environ 18 000 sont pris en charge par les services de l’État. Les autres survivent dans la rue.

Quel est leur statut ?

Les mineurs isolés étrangers ne sont pas soumis aux règles de séjour des étrangers. Ils relèvent du droit des enfants. Cela signifie qu’en vertu de la Convention internationale des droits de l’enfant (signée par la France en 1959) et du Code l’action sociale et des familles, ils ont les mêmes droits qu’un enfant français en danger. En principe, ils devraient donc être tous immédiatement mis à l’abri et se voir proposer des soins et une éducation.

Qu’en est-il en réalité ?

La protection de l’enfance est confiée aux départements qui sont censés assurer la prise en charge de ces jeunes. Les services d’aide sociale à l’enfance doivent les accueillir et « évaluer » leur minorité. Le problème est que ces services, saturés, refoulent de nombreux jeunes avant même qu’ils accèdent à un guichet, au motif qu’ils ont l’air d’avoir plus de 18 ans.

Des tests osseux non fiables, que la France est seule à utiliser en Europe, sont d’ailleurs employés pour « évaluer » cette minorité : il est clair que le but réel de ces procédés est de nier la minorité de ces jeunes vulnérables.

Que deviennent-ils alors ?

Le paradoxe est que, considérés comme majeurs par les services d’aide à l’enfance, ils n’ont pourtant pas accès aux dispositifs pour majeurs –115, etc – parce qu’ils ont souvent des documents attestant de leur minorité, que les premiers services n’avaient cependant pas reconnus !

Ils errent donc dans les rues, couchent dans les parcs alors qu’ils sont parfois malades, comptant sur les personnes solidaires pour avoir un abri, des cours de français, des vêtements, de la nourriture.

Que veut faire le gouvernement ?

Il a l’intention de reprendre aux départements la responsabilité de ces mineurs en faisant fi du principe de non discrimination reconnu par la loi française et les conventions internationales, pour les confier à l’État. Mais il exclurait ainsi ces jeunes des dispositifs de protection de l’enfance pour les remettre dans le droit commun des étrangers… en aggravant encore leur situation.

Exigeons la mise à l’abri immédiate de tous ces jeunes, et qu’ils se voient proposer des soins et une éducation.